Boys Love

La critique de film, ça n’est pas mon fort. Quand j’ai vraiment aimé, j’ai juste envie de dire « regardez-le ! » sans donner plus de détails, ni dévoiler la moindre petite chose sur l’histoire. Comme si le moindre mot que je disais ouvrait à l’avance un peu du papier cadeau qui recouvre le présent. Un synopsis me semble bien fade, accroché aux faits, tandis que le film porte un message d’une portée symbolique, une critique est subjective, un résumé trop dévoilant… Cependant, car oui la vie est faite pour nous changer, si je veux vous donner envie de le voir, ce fameux film, il va bien falloir que j’en parle un peu ! J’indiquerais si je fais du « spoiler » en bon français de France, c’est à dire si je dévoile un peu trop l’histoire au goût de ceux qui voudraient la découvrir par eux-même ;-).

Boys Love est un film japonais de 2006,réalisé par Kotaro Terauchi, avec pour acteurs principaux Yoshikazu Kotani et Takumi Saito. Tout d’abord, commençons par le commencement, le synopsis.

Naeru, lycéen et mannequin, est interviewé par Taishin Mamiya, récemment embauché pour un magazine. En dépit de la mauvaise volonté ouverte de l’interviewé, captivé par une peinture réalisée par ce dernier, Taishin l’invite ensuite à diner. A cette occasion Naeru suit  Taishin aux toilettes et le sollicite sexuellement. C’est un interviewer humilié qui se doit de venir présenter ses excuses à Naeru, qui a déclaré à son chef que son employé avait été « grossier ». Ce qu’il découvre du jeune homme va amener son intérêt au delà de ses recherches pour son article.

Encore un de ces films qui vous arrachera des larmes, préférez donc Hanakimi si votre envie est celle de rire (comment que je fais de la pub pour ce drama, mwahahah) ! Ce film, il n’y a pas que moi qui l’ai aimé : il est sorti directement en dvd, et devant son succès, une version cinématographique (avec différents acteurs excepté Yoshikazu Kotani) a été réalisée. Je me demande encore comment j’ai entendu parler de ce film, quel hasard parmi mes recherches studieuses (heem) sur la culture japonaise m’a amené découvrir ce film, sans doute par Drama Garu . Quoiqu’il en soit, c’est une belle découverte ! Je souhaitais faire un article sur l’homosexualité, je vais faire un deux en un xD. Voici ce que ce film m’a inspiré.

Ce film japonais est certes une histoire d’homosexualité, mais ce n’est pas la lutte contre les préjugés qui est mise en avant, préjugés que certains pourraient avoir contre cette attraction « hors-norme », seule l’histoire d’amour est d’importance. Il n’y a pas de caricature des personnages, déservis par des acteurs talentueux (et bishies, ce qui ne gâche rien :-D) ; juste un amour. Un amour pure ne se soucie ni du sexe, ni de l’âge ou de l’appartenance sociale… n’est-ce pas ?

Dans un film, s’il est bon, les petits humains plantés devant leur écran que nous sommes ressentent les émotions que les personnages ressentent eux-mêmes. On pleure quand ils sont tristes ou en danger, on est amoureux quand leur cœur se réchauffe, on, rit quand il éclate de joie. Alors je me dis que si l’homosexualité n’est pas comprise, elle peut être ressentie. Savoir c’est intellectuel, comprendre ça passe aussi par le ressenti, la sphère affective (minute psychologie off). Non pas qu’en regardant une romance les personnes homosexuelles ou hétérosexuelles changeraient de bord en ressentant le désir que ressentent les personnages. Mais ils peuvent partager leurs sentiments. Car les sentiments eux sont universels. C’est ce que je me suis dit en regardant ce film.

L’homosexualité n’est certes pas la meilleure méthode pour avoir des enfants, mais ce n’est pas une question de choix. Alors pourquoi il y a t’il encore des incompréhensions ? L’autre reflète sa propre peur intérieure d’être « comme eux », c’est à dire de dévier des « normes », ces catégories où la majorité des gens sont. La peur d’être rejeté des autres. Alors que l’amour des autres est tellement fondamental dans la vie de quelqu’un. Moi, après avoir connu les sentiments de honte, de peur du rejet, du ridicule, etc, je me suis dit un jour que seul l’amour des gens qui comptent pour moi est important. Et que s’il était faillible, ma confiance en moi ne dépend pas du regard des autres. Ceux qui rejètent sont ceux qui ont le plus peur d’être rejetés… Chose qui est découverte depuis longtemps, mais qui mérite d’être dite.

Je crois que la peur de l’inconnu, de l’autre, est aussi basée sur la méconnaissance, qui mène à l’intolérance, peut être évitée lorsque la personne ont « expérimenté » ce qui leur fait peur (par définition, puisque la peur de l’inconnu s’efface lorsque l’objet de la peur est connu xD). Bref, tout une argumentation compliquée pour en venir au fait que la culture, comme par exemple les films, est un bon vecteur de connaissance et de tolérance. Fille et garçon, fille et fille, garçon et garçon ? Qu’est-ce qu’on s’en fiche, ils s’aiment c’est tout.

Il y a quand même un ou deux hics. On a sans doute tendance à mieux « accepter » l’attirance homosexuelle pour le sexe vers lequel on est nous-même attiré. Bah oui, facile de comprendre l’attirance quand on la ressent aussi ;-). On en vient au fameux fantasme masculin de deux lesbiennes ensemble… Ou le proverbe « deux bishies valent mieux qu’un » valable sur ce blog et sur quelques autres ^^.

Il semble que l’homosexualité au Japon ne soit pas vue de la même manière qu’en Europe (si tant est que je puisse rassembler les diverses opinions ainsi). Ce que je veux dire par là, c’est qu’elle semble beaucoup plus présente dans les vecteurs culturels japonais, il y a souvent des personnages homo dans les dramas par exemple (par exemple ^^) et surtout, surtout, ils ne sont pas une caricature. Les mangas ont carrément un genre spécial dédié aux « amours entre garçons », le « shonen ai ». Attention spoiler **A contrario, les tabous sont aussi montrés comme dans Hanakimi où Nakatsu lutte contre son attirance pour Ashiya qu’il croit un garçon, et Namba-sempaï dit à propos de son ami qui lui propose de sortir avec lui : « Il ne faut pas passer du paradis béni au paradis interdit ».** Mais dans ces situations, c’est le genre de réflexions par lesquelles toute personne passe je pense.

Hanakimi (Hanazakari no Kimitachi e) – Y en a un qui profite que le beau Namba-sempai soit évanoui ^^

Le deuxième hic, c’est que je n’ai jamais au grand jamais vu d’histoire d’amour entre filles. A l’exception d’un début de baiser entre deux des Brown Eyes Girls (girlsband coréen) dans un clip. Serait-ce là le tabou ? La tolérance asiatique face à l’homosexualité serait tout d’un coup modérée si elle ne concernait que la moitié de la population. Le mystère reste entier !

Pour revenir à notre sujet de départ, c’est un très beau film, que je déconseille cependant aux âmes sensibles Attention spoiler **(du coup je n’aurais pas dû le regarder xDDD) pour la scène de viol, et pour la nudité masculine assez présente xD (pour nous c’est moins grave :mrgreen:). Et aux plus jeunes qui, plus terre à terre, n’accéderaient pas à la portée symbolique du film… (enfin selon moi hein).** Pas que ça me botte les films intitulés « drames » (non non ce n’est pas mon passe-temps préféré de vider mes recharges de larmes xD), mais ce film vaut le coup :-).

En parlant de portée symbolique, attention spoiler **un élément de symbole à noter est sans doute la mer, qui représente à elle seule, l’immensité d’un chagrin, l’éternité et la force d’un amour… **Et pour en finir avec tous les trucs que j’ai à dire, par le thème et la relation entre les personnages ainsi que la scène finale, ce film m’a fait penser à un autre, coréen celui-ci, « La Belle ». Je ne vous en dis pas plus…

Conclusion : c’est un très bon film sur lequel vous pouvez vous pencher si vous avez une soirée libre !

Edit : où le trouver ? Sur Drama Garu en streaming, ou sur le forum Stylasia si vous êtes inscrit :-).

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4 Commentaires

  1. oh boys love, j’en parlais à CrazyP sur le blog il n’y a pas si longtemps que ça XD Takumi Saitoh est son bishie préféré XDen tous cas intéressant l’article, c’est vrai que l’homosexualité féminine en Asie est encore plus tabou que l’homosexualité masculine, bizarre… et dommage.

  2. @LNA : « son bishie préféré » –> j’approuve, il y a de quoi ^^. (Edit : enfin j’aime tout autant l’autre acteur !!). Oui, à la limite les tabous c’est humain sauf quand ça amène des incompréhensions et rejets… Ca doit être partout pareil, pas qu’en Asie, je sais pas ce que tu en penses ^^. Donc tu as vu Boys Love ? As-tu aimé ?

  3. Pas vu ce film, mais ca a l’air interessant, je la rajoute sur ma longue liste de films a voir 😀

  4. @ Maud: je ne l’ai pas vu, mais tellement que j’ai vu des extraits et que les copines m’ont raconté que c’est limite si je l’ai vu XD

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