Psy… ??

Bonjour tout le monde ! Comment va ? Voici un article, que je souhaitais faire depuis longtemps, sur les distinctions entre les différents métiers qui commencent par le préfixe « psy ». On me pose souvent la question, et j’avais moi-même les idées très floues sur le sujet avant d’arriver en première année de psychologie à l’université. Je me suis dit qu’un petit article sur ce blog ne serait pas inutile ;).La psychologie vous intrigue ? Vous fait peur ? Vous rend curieux ? Quelques réponses par ici !

Qu’est-ce qu’un psychologue ? Un psychanalyste ? Un psychothérapeute ? Un psychiatre ?… Est-ce plusieurs mots pour désigner le même métier, ou est-ce différent ? Je vous propose un petit tour rapide de leur définition.

Pareil ou différent ?

Et non, un psychologue ne fait pas le même métier qu’un psychanalyste, qui ne fait pas le même métier qu’un psychiatre, même si tout reste dans le domaine de la psychologie en général. Pour le psychothérapeute nous en parlerons plus tard.

A savoir

Tout d’abord, il faut savoir que pour tous ces métiers, les deux grandes catégories de base de la structure psychologique des personnes, sont la névrose et la psychose. Si une personne est dite névrotique, ou psychotique, cela ne signifie pas qu’elle a une maladie mentale. Chacun d’entre nous est dans l’une de ces deux catégories (en gros), et peut être tout à fait normal, c’est à dire adapté à son environnement. Simplement selon si l’on est plutôt d’un côté ou de l’autre, et que l’on tombe dans la maladie, on aura des risques de développer plutôt tel ou tel type maladies.

Au delà de ces considérations catégorielles pratiques, il ne faudrait pas considérer les gens « normaux », et les gens atteints de « maladies mentales » comme deux catégories bien séparées. De la « normalité » à la pathologie mentale, c’est un continuum.

Le psychanalyste

La psychanalyse est une théorie et une pratique. Elles furent d’abord construites par Sigmund Freud, instigateur du mouvement psychanalytique, et complétées par d’autres théoriciens tels que Mélanie Klein. Le point central de cette théorie est qu’il existe chez l’être humain un inconscient, et qu’ainsi des choses de notre propre fonctionnement psychologique, nous échappent. La pratique qui en est reliée a donc pour but d’accéder aux contenus de cet inconscient.

Un psychanalyste est quelqu’un qui a lui-même d’abord fait une psychanalyse. Cela peut durer entre 4 ans comme 10 ans. Le principe est qu’il doit d’abord se connaître lui-même, son fonctionnement, pour ensuite pouvoir aider les autres. Au terme de cette psychanalyse, et avec une formation complémentaire (non obligatoire), la personne peut alors exercer en tant que psychanalyste.

Concrètement, chez un psychanalyste, on demandera à la personne de s’allonger ou de se mettre en position semi assise. Ce n’est pas un face-à-face, le psychanalyste s’assoit à côté ou derrière la personne. Le but est que la personne se sente à l’aise pour parler, et cette position permet une certaine régression à un mode antérieur de fonctionnement, c’est à dire qu’elle renvoie à l’enfance. La psychanalyse considère que tout problème actuel pour un adulte fait écho à un problème premier dans l’enfance. En revenant aux racines de la personne dans cette position allongée, la personne et le psychanalyste peuvent accéder aux racines des problèmes rencontrés aujourd’hui et ainsi, favoriser leur résolution. Le psychanalyste parle assez peu, pour laisser libre cours à la personne de s’exprimer.

Les psychanalystes sont généralement à leur compte, en cabinet privé.

Le psychiatre

Le psychiatre est un médecin, qui a fait une spécialisation dans les maladies mentales. Globalement on distingue deux origines pour les maladies du cerveau, les maladies d’origine neurologique (par exemple Maladie d’Alzheimer, syndrome de Korsakoff), et les maladies d’origine structurale, c’est à dire liées à la structure psychologique dont on a parlé précédemment (névroses : dépression, phobie, ou plus grave du côté des psychoses, la schizophrénie, etc). La première catégorie sera le domaine d’un psychologue spécialisé en neuropsychologie, appelé un neuropsychologue. C’est de la deuxième catégorie de maladies mentales que le psychiatre pourra s’occuper, d’origine structurale.

Le psychiatre peut éventuellement faire de la thérapie par la parole comme pourraient le faire un psychanalyste ou un psychologue (oui c’est compliqué tout ça, mais patience, les explications arrivent :D). Mais c’est avant tout un médecin, qui pourra prescrire des médicaments pour réguler la maladie, tels que des anti-dépresseurs par exemple. On dit qu’un psychiatre est fait pour « les fous » (terme pas du tout professionnel non utilisé en psychologie soit dit en passant). Il est vrai que la psychiatrie s’adresse surtout aux pathologies plus graves telles que la schizophrénie (psychose), cependant rencontre aussi les personnes souffrant de dépression (névrose) par exemple. C’est le seul métier en « psy » remboursé par la sécu :mrgreen:.

On trouve généralement les psychiatres en service psychiatrique dans un hôpital.

Le psychologue

C’est un métier que je vais mieux pouvoir vous expliquer, puisque c’est vers quoi je me dirige :). Le psychologue est celui qui a suivi la formation universitaire licence et master (sauf le psychologue scolaire), 5 années après le bac. La psychologie regroupe un ensemble de théories sur le fonctionnement humain, validées sur des expériences avec une méthodologie scientifique ; et c’est aussi une pratique, appuyée sur ces théories.

Le champ de la psychologie est large. L’être humain est assez complexe pour qu’on ne puisse pas parler d’une psychologie, mais des psychologies. Les disciplines se distinguent par leur objet d’étude et/ou leur point de vue. Il y a la psychologie du développement, qui est un champ de recherche sur le développement psychologique du bébé, de l’enfant, de l’adolescent, de l’adulte et de la personne âgée. Il y a la neuropsychologie dont nous avons parlé précédemment, qui est l’étude du comportement de l’être humain en lien avec son fonctionnement cérébral, normal ou pathologique. On y étudie les aires cérébrales qui correspondent au langage, à la motricité, etc. Il y a la psychologie sociale, qui étudie l’être humain dans son contexte social, dans ses groupes d’appartenance. La sociologie a pour objet d’étude le contexte social, la psychologie sociale a pour objet d’étude l’être humain dans ses contextes sociaux ;). Et caetera. Ma spécialité est la psychologie clinique et pathologique (choisie en master 1), qui a pour objet d’étude les difficultés humaines, dans un continuum allant de la petite difficulté (refus d’aller sur le pot) à la pathologie grave (schizophrénie).

A ces différentes disciplines qui partagent la psychologie, sont associées des champ de recherche (nos professeurs ! Qui cherchent à toujours en savoir plus sur les mystères de la psychologie humaine) et plus ou moins associées des pratiques différentes. On retrouvera plutôt par exemple ceux qui ont fait spécialité psychologie du développement en service de pédiatrie.

Un psychologue reçoit la personne en face-à-face, souvent avec un bureau séparant les deux. Il est un plus bavard qu’un psychanalyste, et pose des questions facilitant l’expression du sujet. On considère que c’est dans cette relation subjective entre la personne et le psychologue que va se jouer la thérapie.

On trouve un psychologue dans un institut spécialisé, dans un hôpital, en cabinet privé, en prison, en entreprise, dans le marketing, à l’université, en centre de recherches, dans des associations…

Le psychothérapeute

La psychothérapie est la thérapie par la parole. Donc, un psychologue pratique la psychothérapie, mais aussi peut proposer un groupe de parole, la passation de tests psychologiques etc… Il y a aussi le titre de psychothérapeute en tant que tel, délivré par des écoles de psychothérapie. Cependant le titre n’est pas protégé, n’importe qui peut s’inventer psychothérapeute sans être inquiété par la loi, préférer donc un psychologue-psychothérapeute, un psychiatre-psychothérapeute plutôt qu’un psychothérapeute tout court.

Conclusion

Voilà, cet article a été écrit par une petite étudiante en psychologie, j’espère qu’il n’y a pas de bêtises et que vous aurez appris quelque chose par cet article :). Si vous avez des questions n’hésitez pas, et si elles sont délicates posez-les avec un pseudonyme anonyme ça rime, ou envoyez-moi un mail.

A dans un mois pour le prochain article ! (je plaisante)

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9 Commentaires

  1. Super, merci ! Je peux faire la distinction maintenant ! Pas évident n’empêche…
    C’est vrai qu’on a tendance à tout mettre dans le même bain.

  2. Mon frère est psychologue alors j’avais une petite connaissance de tout çà, mais je t’avoue que ton explication est bien plus clair 😀

  3. @Laure & Goon : ça fait plaisir !

  4. bonjour, alors je m’appelle Jean-Charles et tu ne me connais pas (nonon… houhouhou ! vive l’anonymat !)
    Effectivement c’est plus simple ^^ J’ai toujours eu du mal entre psychanalyste et psychologue, mais là, tout s’éclaire ! Merci !!
    * par contre, ‘ tiens à préciser que j’aime vraiment pas Freud -.- C’est un imbécile qui aime faire d’un cas une généralité, faire de ses problèmes personnel des problèmes universels, et c’est aussi le roi du plagiat ^^ *

  5. @scarlett14 : Freud a effectivement repris des termes qui existaient déjà, tels que « inconscient », ou « ça », mais de ses appuis sur des choses déjà existantes, il en a fait la théorie que l’on connaît. Je ne pense pas que le génie d’une personne est de partir de rien ;). Sinon je ne crois pas qu’il ait considéré les problèmes personnels comme des problèmes universels. Une théorie a besoin d’une généralisation, cette généralisation d’avoir l’esprit plus clair et de comprendre plus facilement. Mais, la psychanalyse se base aussi sur l’écoute du sujet en tant que personne unique et la prise en compte de son histoire propre. Après, une théorie n’est qu’un point de vue sur une réalité, et l’intérêt est quand elle est critiquée, c’est cela qui fait avancer les connaissances. Et la théorie freudienne a eu un apport énorme dans la connaissance de la psychologie humaine, tout en étant largement critiquée. Mon avis est que toute théorie est enrichissante, et qu’il faut s’appuyer sur plusieurs théories pour mieux comprendre 😉

  6. wow wow wow ! Mon petit cerveau que voilà à du mal à comprendre le sens de toutes ces lettres… attends… je relis… … je relis encore…
    Quand je parlais de ses problèmes personnels ou d’un cas particulier et de ses généralisations, c’est juste un clin d’œil à certains de ses concepts que je trouve digne d’un aliéné (un instant, j’esquive les pierres que Freud me lance de là où il est). Bon je sais j’exagère un peu, mais quand on voit ce qu’il dit sur les enfants par exemple, je ne peux m’empêcher de penser que soit il a rencontré quelques cas étranges et s’est dit que « le monde » et « la perversité » ne faisait qu’un, soit (plus probable) il est lui même l’objet de maladies loucheuse (=maladie louche) et cherche à trouver du réconfort dans l’idée qu’il n’est pas seul. Il est vrai… Il est vrai… Il est vrai (non je beug pas, j’aime juste dire ça alors je profite) Il est vrai que la psychanalyse est vraiment cool et permet à de nombreux « cas » de s’en sortir, et c’est pour ça mon cher Freud que je ne te blâme pas entièrement pour toutes les conneries que tu as pu sortir, mais je ne suis pas entièrement d’accord avec le fait que toute théorie est enrichissante, car (et je parle là en mon nom) entendre Freud nous rabâcher à longueur de temps que le sexe est à peu près la seule chose qui nous fait vivre, merci mais je pourrais m’en passer. Franchement, il faut avouer que la première fois que j’ai entendu parler des 5 stades du développement psycho-affectif je m’attendais à un truc du genre fleure, papillon et petit noiseaux. Mais ce serait trop facile… Pour Freudounet, c’est oral, anal, phallique (et là je tiens à avouer mon dégout envers ce que défend Freud à savoir le complexe d’œdipe), latence et génital. Franchement, je veux bien offrir toute la bonne fois que vous voulez, avouez qu’il faut franchement être dérangé pour voir tous les enfants d’un œil si pervers. Et je n’ai pris que l’exemple de son concept de sexualité infantile.
    *Par contre c’est vrai que la théorie freudienne à eut un magnifique impact sur la psychologie humaine, mais c’est drôle, tout ce que je trouve intéressant dans sa théorie ne vient pas de lui… C’est sûr, c’est super, il a tout réunis en une seule théorie qu’il a fait connaître et pour laquelle on aime vouer un culte merveilleux, mais mon adoration pour lui s’arrête là ^^’
    bon bien sûr je suis pas experte en la matière et mon avis peut être hautement contestable, mais le fait est que j’aime pas ce type XP
    (voilà que moi aussi j’ai écris plein de lettres)

  7. P**** !! j’ai vraiment beaucoup écris >.< Désolé de pourrir ta page de mes conneries ^^'

  8. @scarlett14 : au contraire « pourri » ma page c’est fait pour ça, et ton avis est intéressant ;). Pour le mot « pervers » il faut le prendre au sens stricte du terme, c’est à dire une sexualité incomplète… Mais oui une des grandes critiques de la théorie freudienne c’est le « tout sexuel ». Il faut voir quand même que Freud la considère comme la force de vie, ce qui nous pousse à créer des relations avec les autres, à découvrir le monde, à apprendre à l’école, à se passionner pour un sport par exemple, etc… Ce n’est pas restreint à l’acte sexuel en lui-même…. Cependant je pense qu’il ne faut pas nier que c’est force importante chez les animaux comme chez les êtres humains, après tout le but d’un organisme vivant est la survie ;). Enfin j’essaye de contre-balancer ton avis mais cette théorie n’est effectivement pas à prendre au pied de la lettre.

  9. Oui bon c’est vrai que j’ai un peu grossi le truc, mais Freudinou paraît à mon gout essayer comme il peut de couvrir le fond de ses pensés par de belles tournures… Il peux dire ce qu’il veut, et nous pouvons interpréter ses paroles de la meilleure façon dont il nous est permit, la sexualité (et comme tu dis, pas forcément l’acte sexuel) c’est une chose, importante certes, mais il y a plein d’autre chose magnifique dans la vie qui n’ont pas besoin forcément de trouver leur racines dans un besoin excessif de sensualité… Bon après c’est juste mon avis, et je ne cherche à convaincre personne… en fait je crois simplement que j’ai mal digéré l’apparition des femmes, des enfants ou des homosexuels dans ses propos 😉
    excuse moi, c’est juste tu m’as dis de continuer à pourrir ton mur, donc j’ai continué ^^
    Au fait, lorsque j’ai employé le mot « pervers », ce n’était bien sûr pas dans le sens réel du terme (c’est pas comme si j’étais doué en français XD) c’était dans le sens euh… wesh pervers ! ou euh… sale pervers ! ou euh… enfin tu m’a compris ?

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