Heureux qui comme Ullysse – Joachim du Bellay, 1558

Heureux qui comme Ullysse, a fait un beau voyage,
Ou comme cestuy-là qui conquit la toison,
Et puis et retourné, plein d’usage et raison,
Vivre entre ses parents le reste de son âge !

Quand reverrais-je hélas, de mon petit village
Fumer la cheminée et en quelle saison
Reverrais-je le clos de ma pauvre maison,
Qui m’est une province, et beaucoup d’avantage ?

Plus me plaît le séjour qu’on bâti mes aïeux,
Que des palais Romains le front audacieux,
Plus que le marbre dur me plaît l’ardoise fine :

Plus mon Loir gaulois, que le Tibre latin,
Plus mon petit Liré, que le mont Palatin,
Et plus que l’air marin la douceur angevine.

Lune

Hier tu avais tord
Aujourd’hui tu m’aimes encore
Tu es loin de moi
Tu ne penses qu’à toi
Et je rêve de pays lointains

Tu m’as dit amour
Je t’ai dit je suis pour
On a marché un temps
On s’est perdus longtemps
La lune est rouge ce soir